Épisode 3 : 9 mai 1931 – 9 juin 1931

Traversée de l’Afghanistan : vue d’ensemble d’un village. © CITROËN COMMUNICATION
Traversée de l’Afghanistan : vue d’ensemble d’un village.
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« La route de Meshedisser nous découvre un nouveau pays. Terre alluvionnaire bordée de marécages et de roseaux. Pays plat. Villages derrière lesquels se devine la mer. De nombreuses mosquées villageoises aux murs curieusement décorés de briques dont le dessin ornemental est très typique […] Un pâtre au loin chante en poussant ses moutons. J’ai rencontré sur mon chemin un de ces bergers qui chantait à pleine gorge. Il m’a adressé familièrement la parole. Je lui ai répondu par signes. Il m’a souri. Nous nous sommes compris au-delà des pauvres expressions humaines ».

Traversée de l’Afghanistan : arrière d’une autochenille sur une corniche. © CITROËN COMMUNICATION
Traversée de l’Afghanistan : arrière d’une autochenille sur une corniche.
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Mais, si les hommes sont courtois et accueillants, la route, elle, est capricieuse.

« Les dégâts sont considérables. Ponts coupés, route arrachée, vase qui est descendue des pentes et submerge tout. Nous avançons avec une extrême difficulté, inquiets de nos camarades qui nous suivent ».

 

Traversée de la Perse : ville de Meshed. © CITROËN COMMUNICATION
Traversée de la Perse : ville de Meshed.
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Le 12 mai, le groupe Pamir traverse Meshed. Il se rend ensuite au tombeau d’Omar Khayyam. L’escale à Nichapour est propice à des découvertes culinaires. « Menu d’un repas afghan […] Dans l’ordre des mets : thé noir ; thé vert ; cigarettes ; soupe de kebab (mouton) ; croquettes de kebab ; pommes de terre sautées à la graisse de mouton ; mouton grillé ; boulettes de kebab haché, roulées dans la friture et saupoudrées de sucre ; poulet rôti ; riz au safran et aux épinards ; gâteau farine, œufs, safran ; le halmé, bouillie faite de lait, de beurre et de sucre ; compote de fruits ; cigarettes ; thé vert ; cacao. »

En Afghanistan, pays secoué par des conflits internes et ainsi extrêmement redouté, les voyageurs se livrent à des études sociologiques :

« Mais [ce savetier] connaît-il quelque repos ?

Les jours de fête, oui. Son travail lui permet de vivre, strictement. Il n’a certainement pas les moyens d’avoir une femme.

A-t-il une maison ?

Il doit habiter quelque part dans un caravansérail un trou obscur, analogue à celui-ci et qu’il a meublé d’une couverture et d’un broc à ablutions. Il vit de pain et de fromage qu’il arrose d’une tasse de thé vert. Parfois, mais à de très rares occasions, de la viande ».

 

Traversée de l’Afghanistan : participants traversant le fleuve Helmend ou Arghandab. © CITROËN COMMUNICATION
Traversée de l’Afghanistan : participants traversant le fleuve Helmend ou Arghandab.
© CITROËN COMMUNICATION

L’équipage doit franchir les premières rivières aux alentours du 23 mai. Pour ce faire, il fait preuve d’une grande inventivité. Pour une rivière de soixante centimètres de profondeur, on envoie trois hommes en éclaireur afin d’estimer ses dimensions. Deux personnes marchent en avant des véhicules afin de repérer les trous d’eau. Traverser est une tâche aisée pour les chenilles, leurs remorques ayant été déchargées pour que les bagages ne prennent pas l’eau. Pour les autres véhicules (une Buick et des camions de trois tonnes), le passage s’avère plus délicat. Il faut les tirer avec des câbles. « Un camion qui a voulu se risquer seul, traverse bien, mais ne peut remonter sur l’autre bord ». Pour les points d’eau plus profonds, le premier véhicule joue un rôle primordial : une fois à quai, il tire les autres par câble. Le passage des camions et du véhicule T.S.F. pose davantage de difficultés. « Voilà pourquoi, ajoute Georges-Marie Haardt j’ai estimé que la chenille était une sécurité. Pourquoi j’ai adopté ce moyen de transport plus lent, mais plus sûr ». La traversée de l’Hilmend, elle, se fera en deux jours avec deux bateaux. Certains moteurs seront noyés, ce qui sera sans conséquences. La population locale profite du temps de la traversée pour consulter le médecin de l’équipe, M. Jourdan.

Le 4 juin 1931, ont lieu les premières communications directes entre le groupe Pamir et le groupe Chine, ce qui suscite une vive émotion.

Le groupe Pamir arrive à Kandahar, la deuxième ville du pays, située à sept mille kilomètres de la France. Cette ville est la clef de l’Afghanistan : la prendre, c’est prendre le pays tout entier ! Kandahar est, en effet, le cœur des communications entre Kaboul et Herat.

Traversée de l’Afghanistan : femmes autochtones avec des paniers. © CITROËN COMMUNICATION
Traversée de l’Afghanistan : femmes autochtones avec des paniers.
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« Nous continuons à avancer. La moyenne de marche est bonne. Quelle chose curieuse que ce pays unisexué. Quelques femmes afghanes, pourtant, rassemblées près d’un ruisseau laissent entrevoir leur visage qui est fort beau ».

Habituellement, les étrangers ne les voient pas. Très intrigués par ce retrait des femmes, les explorateurs se demandent, naïvement, comment peut naître l’amour chez des personnes qui ne se rencontrent pas. En Afghanistan, les hommes restent avec les hommes et les femmes avec les femmes. Ils imaginent des rencontres secrètes, des amours d’enfance. Ils rêvent à des Roméo et Juliette d’Orient. « L’air est rempli de tout ce qu’on ne dit pas ».

Le 9 juin marque l’entrée dans la capitale.      

« Nous traversons le nouveau Kaboul conçu et bâti par Amanoullah. […] Le palais du Gouvernement dessiné sur les plans de Godard et exécuté par des architectes allemands est une construction formidable entourée d’un jardin de toute beauté qu’envierait mainte capitale européenne. Mais les fenêtres n’ont pas de vitres.

Pourquoi ?

• Manque d’argent pour terminer. L’Afghanistan a beaucoup de dépenses plus urgentes à faire. […]

Un coude, et voici enfin les rues de la vieille Kaboul. De part et d’autre de nombreux curieux. Des Européens. […]

Nous passons en ce moment entre deux haies de curieux qui ne nous cachent pas leur plaisir de nous voir à Kaboul. Des bravos éclatent. Émotion soudaine. Pour la première fois peut-être, au cours de ce voyage, ces témoignages de sympathie nous font comprendre que nous faisons quelque chose de beau et d’utile. […] Détour devant le palais du roi les kodaks crépitent. Une arrivée de souverains ».

 

Le nouveau palais royal construit par Amanoullah et n’ayant jamais été terminé : autochtones assis sous un préau à colonnes surplombant la ville. © CITROËN COMMUNICATION
Le nouveau palais royal construit par Amanoullah et n’ayant jamais été terminé : autochtones assis sous un préau à colonnes surplombant la ville.
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Le palais de Darulaman est une véritable merveille. Mais, tel le désert, la guerre et le temps rongent tout. Le témoignage de Georges Le Fèvre apparaît comme essentiel, puisque de cette « Caboul », il ne reste aujourd’hui que des ruines.

 

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